Dans leur numéro de juin 2004, "Les Cahiers du Cinéma" consacrent un dossier à l'enseignement du cinéma à l'école (pp. 45-55).
" 'Descendu' progressivement de l'université jusqu'à la maternelle, irriguant les activités intra, para et extrasolaires grâce à un grand nombre de dispositifs complémentaires, relié à des lieux (les salles), des objets (les DVD, les publications), des personnes (les professionnels) et des temporalités (la durée d'un film n'obéit pas à la logique des emplois du temps scolaires) issus d'un autre univers, le cinéma reste dans une situation instable avec les cadres pédagogiques institués."
D'après "Les cahiers", cet enseignement déstabiliserait les élèves qui entretiennent avec le 7ième art des relations "de plaisir ou de détestation selon des codes considérés comme innés: le jugement de goût ne se perçoit jamais comme devant être appris, la légitimité pour chacun de son propre j'aime/j'aime pas est perçue comme une évidence et une liberté fondatrice, même chez les tout-petits." Mais le cinéma "a cessé de progresser comme constituant un enjeu important et désirable auprès de la majorité des enseignants, confrontés à d'autres problèmes graves. Surtout, le volontarisme politique est indispensable.
Or le ministère de l'Éducation nationale sous la férule de Luc Ferry a complètement abandonné la question, ce qui revient en la matière à le détruire." [1]
Le dossier des "Cahiers" revient aussi sur la création des différents dispositifs à destination des scolaires: création du bac A3 en 1986, des dispositifs
"École et cinéma",
"Collège au cinéma" et
Lycéens au cinéma, qui touchent aujourd'hui près d'un million d'élèves par an, pour un total de trois millions d'entrées.
Le mensuel fait un retour sur le "projet pédago-poétique" imaginé par Ginette Dislaire, responsable des Rencontres cinéma et enfance du Havre.
Un article est également consacré à l'opération
Tribudom, menée à Paris et à Montreuil, qui concerne cette année sept classes, du CP au CM2, autour de la production de court-métrages.
Dans ce dossier encore, les "dix principes" d'une pédagogie du cinéma, et une table ronde réunissant Christine Juppé-Leblond, IGEN chargée du cinéma et de l'audiovisuel, Alain Bergala, responsable Cinéma du plan Arts à l'école initié par Jack Lang, Éric Briat, du CNC, le chercheur Francis Desabrats et Thierry Méranger, rédacteur au "Cahiers" sur l'avenir du cinéma à l'école.
Avec AEF
[1] : L'Education nationale est depuis quelques années en rupture financière avec l'association "Les enfants de cinéma" (Les enfants de cinéma - 2, rue de Turenne, 75004 Paris - Tél. : 01.40.29.09.99 – Fax : 01.40.29.09.79) qui gère le dispositif et la formation des enseignants à l'échelle nationale (retour)
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