Communiqué du CRAP - Cahiers pédagogiques
Les annonces concernant le lycée faites par le président de la République le mardi 13 octobre nous laissent un gout amer. Le gout de la déception.
Déception, car les mesures annoncées ne méritent pas d'être qualifiées de «réforme». Même si la stratégie des petits pas n'est pas mauvaise en soi, encore faut-il savoir où l'on va ! Et surtout parce qu'on peut sérieusement douter de leur efficacité et se demander si elles seront à la mesure des enjeux.
Suffit-il de rendre l'orientation «réversible» pour répondre à la question de l'échec scolaire et du redoublement ? Décréter un « plan d'urgence » pour les langues sans l'accompagner de modifications structurelles (nombre d'élèves par classe notamment) ? Créer des cinéclubs et des « référents culture » dans les établissements pour lutter efficacement contre la fracture culturelle ?
En proposant un catalogue de propositions désordonnées et sans ambition, nous sommes plus dans un aménagement de l'existant que dans une réforme à la hauteur des défis que doit relever le lycée du XXIe siècle. Pour y parvenir, il aurait fallu s'attaquer à quelques verrous : l'organisation du temps de travail de l'élève, la redéfinition des missions de l'enseignant, l'évaluation des compétences en lien avec le collège, un véritable accompagnement des élèves, la nécessaire transformation du baccalauréat, etc.
Décidément, le lycée napoléonien a encore de beaux jours devant lui.
Après avoir attendu un an, après trois rapports (De Gaudemar, Descoings, Apparu), après toutes les propositions formulées par les uns et les autres (et en particulier le groupe « De l'ambition pour la réforme des lycées »), le lycée qui nous a été présenté ce mardi 13 octobre est bien celui des occasions manquées...
Le bureau du
CRAP-Cahiers pédagogiques
le 14 octobre 2009
[Réforme des lycées]